Le 26/10/2008
Meurtres non élucidés en Bourgogne: trois ADN masculins suspects isolés

26 oct. 2008

LYON (AFP) — Trois ADN masculins partiels ont été isolés dans trois dossiers concernant le meurtre non élucidé de huit jeunes femmes en Saône-et-Loire entre 1986 et 1999 et dont les familles sont regroupées dans l'association Christelle, a indiqué dimanche son avocat, Me Didier Seban.

Ces découvertes d'ADN suspects, relevés sur les effets personnels ou les corps des victimes, ont relancé des enquêtes en souffrance depuis plusieurs années après l'acharnement procédural de l'association pour que les scellés --qu'elle jugeait négligés-- soient analysés.

"Ce sont trois ADN masculins qui ne sont pas forcément complets (...), qui vont permettre de donner des premières pistes et des comparaisons avec les personnes suspectées dans les enquêtes. C'est évidemment pour certaines affaires, 20 ans après, des éléments importants et un espoir pour les familles", a déclaré à l'AFP Me Seban, joint au téléphone.

Le premier ADN a été relevé sur le soutien-gorge de Nathalie Maire, employée de restauration de 18 ans, battue avec un manche à balai et étranglée avec un fil électrique dans la nuit du 2 au 3 septembre 1987 sur l'aire de l'autoroute A6 de Saint-Albain.

Le deuxième ADN a été retrouvé sous les ongles de Carole Soltysiak, 13 ans, retrouvée morte dans le bois de Ramus à Perrecy-les-Forges le 18 novembre 1990. L'adolescente avait été ligotée, violée et poignardée à quatre reprises.

Enfin dans le sac à main de Christelle Bletry, 20 ans, tuée de 123 coups de couteau sur la commune de Blanzy le 28 décembre 1996 et dont la mère a fondé l'année d'après une association à son nom, un ADN inconnu a été distingué du sang de la victime.

L'association Christelle espère que l'ensemble des dossiers criminels qu'elle a en charge seront à terme regroupés au pôle d'instruction de Chalon-sur-Saône, après une demande reçue favorablement par le procureur général de Dijon, Jean-Marie Beney.

Me Seban espère avoir "d'ici la fin de l'année" les premiers résultats de comparaison des ADN, analysés dans un laboratoire de Strasbourg.
  
 
Meurtres mystérieux en Bourgogne : 3 ADN isolés
Alors que les investigations sur les morts violentes de douze jeunes femmes entre 1984 et 2005 piétinaient, les experts viennent de retrouver trois ADN masculins sur le corps ou les effets personnels de trois des victimes. Une avancée inespérée.
Jean-Marc Ducos | 26.10.2008, 07h00
 
C’EST l’un des plus énigmatiques dossiers de l’histoire criminelle française. Entre 1984 et 2005, douze meurtres ou disparitions de jeunes femmes restent toujours sans solution dans un triangle entre Chalon-sur-Saône, Le Creusot et Mâcon, en Bourgogne. Cette affaire, c’est aussi une bataille judiciaire sans précédent contre l’inertie des autorités et la tentation de l’oubli.


Il aura fallu quatre ans d’acharnement et de procédures pour que les familles des victimes obtiennent que des scellés négligés soient enfin analysés. Résultat : trois ADN masculins ont pu être isolés, laissant espérer une avancée dans ces enquêtes en souffrance depuis trop longtemps. Le procureur général de Dijon, Jean-Marie Beney, vient aussi de demander que cinq de ces dossiers criminels soient regroupés au pôle de l’instruction du tribunal de Chalon-sur-Saône pour mieux coordonner l’enquête.

Des actes d’une extrême barbarie

Le premier ADN a été retrouvé sous les ongles de Carole Soltysiak, une adolescente de 13 ans, découverte morte dans un bois de Perrecy-les-Forges en novembre 1990. Ses meurtriers l’ont forcée à boire de l’alcool avant de la violer, de la poignarder à quatre reprises et d’incendier son cadavre. Un meurtre d’une barbarie inouïe. Mais pour en arriver là, sa mère a dû batailler pendant cinq ans car de nombreux scellés ont disparu au cours des années ou n’ont même pas été soumis à analyse. « Une aberration », pour l’avocat de la famille, Didier Seban, « stupéfait » aussi de l’état de conservation des précieux scellés. Cet ADN devrait être comparé avec celui des divers suspects mis en cause dans cette affaire mais jamais formellement confondus, et transmis au Fichier national des empreintes génétiques pour savoir si le meurtrier n’est pas déjà enregistré.

Plaies de défense

Des scellés mal conservés, c’est aussi ce qui s’est passé pour Nathalie Maire, 18 ans, étranglée et battue à mort dans la nuit du 2 au 3 septembre 1987 dans un stand de vente de boissons sur l’aire d’autoroute de Saint-Albain, le long de l’A 6. Le morceau de manche à balai qui a servi à la tuer n’était pas emballé dans la salle du greffe. De même que la bretelle de soutien-gorge retrouvée sur la poitrine de la victime et qui ne lui appartenait pas. C’est justement sur cette bretelle que là aussi un ADN masculin a été découvert lors des expertises. Une trace qui sera comparée aux suspects des autres dossiers de cette série de meurtres. La jeune fille avait témoigné quinze jours plus tôt chez les gendarmes sur le meurtre de Marthe Buisson, 16 ans, une adolescente en fugue, retrouvée morte à quelques kilomètres de l’aire d’autoroute. Un dossier qui a fait l’objet d’un non-lieu.

L’examen des scellés a enfin permis de mettre en évidence des traces biologiques masculines partielles sur la doublure d’un sac à main appartenant à Christelle Blétry. Un sac à main là aussi transmis au laboratoire Codgen de Strasbourg sans protection. Le 28 décembre 1996, rentrant d’une fête chez des amis, la jeune femme est poignardée à 113 reprises avant d’être abandonnée dans un fossé. Elle s’est débattue car elle porte quinze plaies de défense et a sans doute blessé son adversaire. L’ADN de son meurtrier est sans doute quelque part sur les scellés. Reste à l’identifier.
Faits divers
Interview de Mme Blétry a Europe 1
Interview de Maître Didier Seban a Europe 1
Trois traces d'ADN retrouvées sur des pièces à conviction, et c'est douze affaires qui, d'un coup, sont relancées. Entre 1986 et 1999, dans le département de la Saône-et-Loire, douze jeunes femmes étaient assassinées. Aucune des affaires n'a jamais été élucidée. Regroupées dans une association, les familles des victimes se sont battues pendant de longues années pour obtenir que la justice ordonne des analyses minutieuses de toutes les pièces saisies : leur combat est aujourd'hui réussi, puisque des traces d'ADN masculins ont été retrouvés sur des pièces à conviction de trois des affaires.

Décision de la justice, après ces découvertes ? Un rassemblement de tous les dossiers au pôle d'instruction de Châlon-sur-Saône. Me Didier Seban, avocat de neuf des jeunes femmes tuées explique, sur Europe 1, que désormais, c'est un seul juge d'instruction qui conduira les affaires. "Il pourra demander que l'on fasse tel ou tel rapprochement ..." Même si les familles des victimes ne croient pas à la piste d'un seul tueur en série, c'est, pour elles, une avancée.

L'affaire met en avant une particularité de la justice : la conservation des pièces placées sous scellés par la justice. Loin des univers hautement sécurisés montrés par les séries télévisées, les scellés sont conservés, le plus souvent, dans les sous-sols de tribunaux. "On ne comprend pas bien la politique des scellés", poursuit Me Didier Seban.

 

Tout s'est passé entre 1986 et 1999, dans le département de la Saône et Loire : douze jeunes femmes y avaient été assassinées. Les crimes n'ont jamais été élucidés. Après la découverte de plusieurs ADN masculins sur des pièces à conviction, le procureur général de Dijon vient d'accepter de rassembler les dossiers au pôle d'instruction de Châlon-sur-Saône.
Disparues de Saône et Loire : des traces d'ADN retrouvées
Créé le 27/10/08
Hier, une signature confondant Francis Heaulme dans l’affaire de l’assassinant de Carole Soltysiak est à nouveau réapparue !

Cette enquête effectuée dans le cadre du meurtre d’un adolescente de 13 (retrouvée étranglée et violée) en 1990 non loin de Monceau-les-Mines resurgit alors que le tueur en série avait été suspecté 2 fois, et, des tests ADN l’avait disculpés en 2005.

Toutefois, de nouveaux prélèvements biologiques ont été retrouvés ainsi que les forme des blessures au couteau et la technique de strangulation rappellent celle de Francis Heaulme.

Or, lors de ses interrogations, le tueur en série avait déclaré connaître cette région en évoquant un « grand malheur ».

L’avocat de la fille de la jeune fille souhaite que Francis Heaulme soit entendu à nouveau, dans ce dossier vieux de 18 ans...

 




            
 


 
Affaire Carole Soltysiak : Francis Heaulme à nouveau suspecté …
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